révisé le 21.11.2007 (voir en pied de page)
Distilleries du Val-de-Travers
La production
aurait diminué en 2006
L'an dernier (2006), la production d'absinthe aurait diminué au Val-de-Travers selon des chiffres qui ne sont pas encore officiels, mais résultant d'une écoute attentive de
« Radio-Cucurbite » dans le milieu des distillateurs.
Et pourtant, le nombre de distillateurs « sortis de l'ombre », ou ayant obtenu une concession dans le cadre d'une coopérative ou d'une SARL n'a cessé d'augmenter. Sans parler des distillateurs à façon, deux fois plus nombreux qu'en 2005 (quatre au lieu de deux).
Alors ? Eh bien, après une année 2005 de folie, où les producteurs ont distillé à tour de bras pour faire face à la demande, il semblerait que les stocks se sont accumulés chez les distributeurs (et dans les distilleries). Prudents, distillateurs (en particulier le plus gros producteur de la région) et distributeurs ont adapté en 2006 les volumes en fonction des besoins de la clientèle qui reste à conquérir.
Et allez remonter la pente
après des campagnes aussi hystériques..
En effet, après 95 ans d'interdiction, période pendant laquelle l'absinthe fut chargée de tous les maux, ce spiritueux ne fait pas partie des apéritifs que l'on consomme couramment dans les cafés et restaurants.
L'absinthe reste un produit que l'on partage entre habitués, ou avec des amis avides de découvrir un apéritif différent.
Il faudra sans doute une génération pour que l'absinthe redevienne la fée Mélusine des comptoirs.
L'inter-profession de l'absinthe du Val-de-Travers n'a pas les moyens des vignerons pour vanter son produit. Depuis le 1er mars 2005, date de la libération de la Fée verte, elle n'a pas organisé de campagne de promotion.
Quant aux patrons des bistrots, cafés et autres restos, rares sont ceux qui ont installé une fontaine à absinthe à la table de l'apéro.
En outre, face à la demande des jeunes pour des absinthe vertes et fortes en bouche, les distillateurs du Val-de-Travers (pas tous...) hésitent à sortir un nouveau produit.
L'absinthe très anisée, telle qu'on la distille au Val-de-Travers, correspondait aux goûts d'un époque. Il faut désormais explorer d'autres voies. Sans renier le passé.
Rappel des chiffres de l'année 2005.
Source: Régie fédérale des alcools:
Près de 120 000 litres d’absinthe ont été produits dans les huit distilleries neuchâteloises au
bénéfice d’une concession de la Régie fédérale des alcools.
Au total, la production suisse d’absinthe depuis la levée de l’interdiction le 1er mars 2005 s’est élevée à 130 000 litres, les importations à 15 000 litres et les
exportations à 11 000 litres. Près de 90 pour cent de la production provient du Val-de-Travers (NE) où treize producteurs différents ont chacun leur recette de fabrication et commercialisent leur
marque d’absinthe.
Note du blog:
Les chiffres 2005 étaient trop élevés par rapport à la réalité du marché. Ceux de 2006, quand ils seront connus, reflèteront mieux cette réalité.
Pour 2007, on s'attend à une stabilité.
En fait de stabilité, on assiste à une augmentation de la production en 2007.
Kubler, distillateur à Mòtiers, a ouvert des marchés au Japon, en Hongrie, en France, etc., et attaque les USA après un dur combat juridique.
Bugnon (Artemis) se porte bien à Couvet.
Bezençon (Absintherie du Père François à Môtiers) produit aussi à tour de bras.
Et les autres distillateurs vont, globalement, plutôt bien malgré la concurrence.
Ceux qui s'en sortent le mieux ont fait l'effort d'aller vendre hors du cadre étriqué du Val-de-Travers et du canton de Neuchâtel qui sont saturés.
Cela semble logique, mais il faut passer pas mal de temps dans la promotion, et la paperasserie administrative pour vendre hors de sa région.
Le Palais du Peyrou de Neuchâtel 
